Médecins du monde Belgique quitte l’hôpital de Panzi et le docteur Mukwege


Après 7 ans auprès du docteur Mukwege, Médecins du monde laisse la place à l’ONG PMU pour la coordination du service des suvivant.e.s de violences sexuelles.

Tout a une fin y compris les meilleures collaborations : Médecins du monde Belgique (MDM), qui assurait depuis 2015 la coordination du « service des survivantes de violences sexuelles » (SVS) aux côtés du docteur Mukwege à l’hôpital de Panzi va céder la place à une ONG suédoise PMU, qui avait déjà assuré cette tâche avant MDM. Cette dernière, qui jouit d’un grand crédit en Belgique, avait été sollicitée après que l’« homme qui répare les femmes » a été lauréat du prix de la Fondation Roi Baudouin, distinction qui allait devenir un jalon important d’une longue série menant au prix Nobel de la Paix.

Traçant le bilan de son action, MDM relève que, de janvier 2015 jusque décembre 2021, 10.204 personnes ayant été victimes de violences sexuelles ont été admises dans le service des SVS, 1.040 grossesses issues du viol ont été prises en charge et que 359 patients étaient des mineurs. L’ONG rappelle aussi que si, durant longtemps, le viol fut utilisé comme une arme de guerre exclusivement utilisée par les belligérants, cette pratique s’est aujourd’hui diffusée dans la société congolaise, via les anciens enfants-soldats démobilisés, les miliciens, les ex-rebelles et les divers groupes armés. Les victimes de ces pratiques sont de plus en plus jeunes, parfois âgées de moins de 10 ans ! Après avoir mis en œuvre à Panzi le modèle « holistique » défendu par le docteur Mukwege, qui réunit les soins physiques aux victimes, leur accompagnement psychosocial, la réinsertion socio-économique et le soutien juridique, l’ONG ne quitte cependant pas le Congo : dans la région d’Uvira et les Hauts Plateaux où la guerre se poursuit, les équipes de MDM demeurent les seules présentes sur le terrain et l’ONG envisage de poursuivre son action dans d’autres régions rurales où la pratique des violences sexuelles continue à se répandre, à l’instar d’une épidémie, favorisée par l’impunité ambiante et la dégradation de la situation socio-économique.

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