22 septembre 1985 : Décès de Nicolas Kasanda wa Mikalay (dit « Nico Mobali », « Docteur Nico »)


Chronique de Benjamin Babunga Watuna

CE JOUR-LÀ…

22 septembre 1985, décès de Nicolas Kasanda wa Mikalay (dit « Nico Mobali », « Docteur Nico ») à l’hôpital St-Luc de Bruxelles (Belgique). Guitariste congolais de légende, son immense talent et son vibrato hantent encore aujourd’hui de nombreux guitaristes du continent.

Nico a fait danser le continent africain. Joseph Kabasélé fut son maître, Franco, son rival, la guitare, sa religion. Né en juillet 1939 à Mikalay (Kasaï), Dr Nico grandira dans une époque où la guitare étant alors le principal instrument acoustique qui accompagne la voix.

Nico a 9 ans lorsqu’il commence à jouer à la guitare. En 1950, il fait finalement son entrée dans l’African Jazz de Joseph Kabasélé, qui est alors le premier grand orchestre de la capitale congolaise. Très vite, il sera surnommé « Docteur » (pour illustrer sa virtuosité).

Nico s’imposera comme soliste par sa capacité à dialoguer avec les autres instruments, mais aussi par ses qualités : il a un jeu élégant, il peut mélanger des styles très divers (mambo, jazz, classique, rumba) au cours d’un même morceau, avec une virtuosité hallucinante.

En 1951, âgé à peine de 12 ans, le futur Dr Nico enregistre un premier 45T (45 tours) comme soliste avec Joseph Kabasélé et l’African Jazz. L’éditeur grec Moussa Bénatar remarque son talent précoce et lui offre sa première guitare.

Dr Nico va finalement s’imposer comme soliste au sein de l’African Jazz. À la Table ronde de Bruxelles pour l’indépendance du Congo belge en 1960, Dr Nico marquera de ses riffs de guitare sophistiqués l’album « Indépendance Cha Cha ».

3 ans plus, il fonde l’African Fiesta avec Tabu Ley. À la scission du groupe en 1965, deux formations naîtront: l’African Fiesta International de Tabu Ley et l’African Fiesta Sukisa de Dr Nico (dont feront partie son frère Charles Mwamba, Lucie Eyenga et Josky Kiambukuta).

Il faudra attendre les années 1970 pour que l’African Fiesta Sukisa connaisse un immense succès. Il va même devenir l’un des groupes les plus populaires de la scène congolaise, avec l’exploration du rythme traditionnel de sa région du Kasaï, le « mutuashi ».

Des morceaux comme « Ngalula », « Nico alekaki », « Bougie ya motema », « Marie Pauline », « Sanza zomi na mibale » ou encore « Bolingo ya sens unique » feront les beaux jours de tous les mélomanes des deux Congo.

Atteint par la maladie à l’été 1985, celui que l’on considère comme une véritable légende de la guitare classique congolaise sera transporté d’urgence, grâce à la couverture médicale accordée par le Pdt Mobutu aux artistes, à Bruxelles; mais meurt ce 22 septembre.

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